Les travailleurs de Hyundai se mettent en grève contre les robots humanoïdes : une première dans l'industrie automobile
Des milliers de travailleurs syndiqués en Corée du Sud réduisent leurs horaires et planifient des arrêts prolongés après 15 rounds de négociations n'ayant pas résolu les craintes concernant un robot de plus de 1,80 m capable de soulever plus de 45 kg.

Points clés
- Les travailleurs de Hyundai à Ulsan, en Corée du Sud, ont commencé à terminer leurs quarts deux heures plus tôt du 13 au 15 juillet 2025, en protestation contre les plans de déploiement de robots humanoïdes.
- Quinze rounds de négociations entre le syndicat et Hyundai Motor Group n'ont produit aucun accord.
- Des grèves de quatre heures sont prévues du 20 au 22 juillet 2025, escaladant le conflit.
- Le robot Atlas, construit par Boston Dynamics, mesure plus de 1,80 m et peut soulever plus de 45 kg.
- Boston Dynamics deviendra une filiale entièrement détenue par Hyundai.
Des milliers de travailleurs de l'usine Ulsan de Hyundai en Corée du Sud, la plus grande usine automobile mondiale, ont commencé à quitter le travail plus tôt. La raison n'est ni le salaire ni les horaires. C'est un robot humanoïde, c'est-à-dire une machine construite à forme humaine qui se déplace sur deux jambes.
Le robot s'appelle Atlas. Boston Dynamics, une entreprise américaine de robotique que Hyundai est en train d'acquérir entièrement, a dévoilé une nouvelle version d'Atlas au début de 2025. Il mesure plus de 1,80 m et peut soulever plus de 45 kg. Hyundai a déclaré qu'il souhaitait qu'Atlas travaille sur les chaînes de production.
La réponse du syndicat a été une série progressive mais croissante d'arrêts de travail. Les quarts se sont terminés deux heures plus tôt les 13, 14 et 15 juillet. Si aucun accord n'est conclu, des grèves de quatre heures suivront du 20 au 22 juillet.
Quinze rounds de négociations formelles n'ont rien produit.
Ars Technica a d'abord signalé le conflit comme le premier arrêt d'usine de l'industrie automobile spécifiquement déclenché par des robots humanoïdes, citant le Wall Street Journal. Ce cadrage a son importance. Les syndicats ont résisté à l'automatisation pendant des décennies, mais l'argument portait généralement sur les tapis roulants, les bras de soudure et les robots d'entrepôt. Un humanoïde marchant et soulevant des charges sur la chaîne de production représente une menace différente aux yeux des travailleurs.
Pour les travailleurs impliqués, la crainte est directe : une machine capable de faire ce qu'un corps humain fait, dans un espace conçu pour les corps humains, pourrait remplacer les gens poste par poste.
Hyundai n'a pas dit publiquement combien d'unités Atlas il prévoit de déployer ou selon quel calendrier. Cette incertitude a presque certainement rendu les 15 sessions de négociation plus difficiles, et non plus faciles.
Que cela signifie-t-il pour les travailleurs ailleurs ?
Cette grève est un signal, pas encore une tendance. Les travailleurs automobiles sud-coréens bénéficient de certaines des protections syndicales les plus fortes de l'industrie, ce qui explique en partie pourquoi ils ont pu agir rapidement. Les travailleurs des usines avec une négociation collective plus faible, c'est-à-dire la capacité pour les travailleurs de négocier en groupe, ont moins de leviers formels à actionner lorsque les employeurs introduisent de nouvelles automatisations.
Pour l'instant, le conflit d'Ulsan vaut la peine d'être suivi comme cas d'école. Si Hyundai et le syndicat parviennent à un accord, à quoi ressemble-t-il ? Garanties d'effectifs ? Engagements en matière de reconversion ? Une limite aux déploiements ?
Les réponses pourraient servir de modèle, ou non, pour chaque ville industrielle où un robot humanoïde finira par prendre son premier poste.



