Un compositeur a transformé les équations d'Einstein et l'IA en musique orchestrale. Le résultat est étonnamment émouvant.
L'album inaugural de Robert Laidlow transforme la physique et l'intelligence artificielle en pièces de concert. Cela fonctionne.

Points clés
- L'album inaugural de Robert Laidlow sur NMC Records utilise les équations de champ d'Einstein, la loi universelle de Newton et l'intelligence artificielle comme fondements de compositions orchestrales.
- Le BBC Philharmonic, le chef Vimbayi Kaziboni et le pianiste Joseph Havlat interprètent les œuvres de l'enregistrement.
- La pièce centrale de l'album, Warp, est un concerto pour piano de 12 minutes construit autour d'une interprétation musicale des équations d'Einstein décrivant comment la masse courbe l'espace et le temps.
- Laidlow œuvre dans les domaines de la science et de la musique classique, et ses pièces sont décrites comme complexes et imaginatives tout en restant accessibles aux auditeurs.
Lorsqu'un compositeur s'assoit pour écrire un concerto pour piano, les inspirations habituelles sont l'amour, le chagrin ou le monde naturel. Robert Laidlow a choisi les équations de champ d'Einstein, les règles mathématiques qui décrivent comment la masse déforme le tissu de l'espace et du temps.
Le résultat est Warp, une pièce tendue de 12 minutes qui soutient l'album inaugural de Laidlow sur NMC Records. Elle est interprétée ici par le BBC Philharmonic, le chef Vimbayi Kaziboni et le soliste Joseph Havlat.
La prémisse ressemble à un cours universitaire. La musique n'en donne pas l'impression.
Les lignes orchestrales montent en spirale, les instruments poussés à leurs limites, tandis que le piano suit son propre chemin et finit par arriver quelque part de calme. Laidlow n'illustre pas une équation sur un tableau blanc. Il fait quelque chose de plus proche : comment se sent-on en se déplaçant dans un espace courbé ?
L'intelligence artificielle, c'est-à-dire la technologie qui soutend des systèmes comme ChatGPT et d'autres logiciels qui apprennent des modèles à partir de données et génèrent des résultats, apparaît ailleurs sur le disque comme sujet. La loi universelle de gravitation de Newton aussi. Laidlow traite ces idées comme d'autres compositeurs traitent les saisons ou les saints : comme un territoire émotionnel digne d'être cartographié en sons.
The Guardian a été le premier à critiquer le disque, notant que les concepts sont complexes mais que la musique reste accessible tout au long.
Cette accessibilité compte. La musique classique avec un concept scientifique peut facilement devenir un gimmick, un communiqué de presse habillé de cordes. Laidlow évite cela. Les idées sont le point de départ, pas l'argument de vente.
Le jeu du BBC Philharmonic est décrit comme d'une vivacité riche en détails. L'enregistrement lui-même est clair et généreux, donnant à l'ensemble de l'espace pour respirer.
Cela nous dit-il quelque chose d'utile sur la façon dont l'IA est utilisée dans les arts ?
Oui, bien que peut-être pas de la manière à laquelle on s'attend. Laidlow n'utilise pas l'IA pour composer. Il compose sur l'IA, la traitant comme un sujet suffisamment sérieux pour s'asseoir aux côtés d'Einstein et de Newton. C'est un signal culturel différent. Cela suggère que la technologie est passée de la nouveauté au sujet, quelque chose avec lequel les artistes se sentent obligés de rendre des comptes plutôt que simplement d'utiliser.
Pour les auditeurs qui n'ont jamais écouté une pièce orchestrale moderne, ce disque est un point de départ raisonnable. L'ambition est réelle. L'accueil aussi.
À écouter : le moment dans Warp où la pression orchestrale atteint son pic et le piano refuse simplement d'être englouti.



