Des lampadaires intelligents qui reconnaissent votre visage : devriez-vous vous inquiéter ?
Une entreprise du Warwickshire équipe les lampadaires de caméras IA, de panneaux solaires et de lecteurs de plaques d'immatriculation. Les groupes de défense des libertés civiles affirment que la Bretagne s'endort en acceptant un réseau de surveillance que personne n'a voté.

Points clés
- Conflow Power Group (CPG), basée dans le Warwickshire, a déployé les iLamps, les premiers lampadaires intelligents équipés d'IA de ce type au Royaume-Uni.
- Les lampadaires peuvent lire les plaques d'immatriculation, reconnaître les visages et se recharger eux-mêmes à l'aide de panneaux solaires intégrés.
- La technologie pourrait également ajouter l'analyse de la démarche, une technique qui identifie les personnes par la façon dont elles marchent, dans le cadre de futures mises à jour.
- Le groupe de défense des libertés civiles Big Brother Watch avertit que le matériel pourrait s'étendre discrètement en un réseau de surveillance national.
- La ministre de l'Intérieur du Royaume-Uni, Shabana Mahmood, a précédemment déclaré qu'elle soutenait ce qu'elle a appelé un « État panoptique », c'est-à-dire un État capable de surveiller les citoyens à tout moment.
Votre lampadaire vous observe peut-être.
Pas le type ordinaire avec sa lueur orange. Les nouveaux iLamps, construits par Conflow Power Group (CPG) dans le Warwickshire, ressemblent à la plupart des lampadaires vus de loin. Mais à l'intérieur se trouve une caméra capable de lire les plaques d'immatriculation, un système de reconnaissance faciale qui compare les visages à une base de données, et des panneaux solaires qui alimentent l'ensemble du système indépendamment du réseau.
CPG affirme que ces lampadaires sont les premiers de ce type au Royaume-Uni. Le discours de vente est simple : attraper les criminels, retrouver les personnes disparues et réduire les factures d'électricité en une seule opération. L'électricité supplémentaire générée par les panneaux solaires pourrait même être renvoyée dans le réseau local. Sur le papier, tout cela semble raisonnable.
Alors, quelles sont les préoccupations réelles ?
La préoccupation ne porte pas sur ce que font ces lampadaires aujourd'hui, mais sur ce qu'ils pourraient faire demain. Big Brother Watch, une organisation britannique de défense des libertés civiles, souligne que le matériel sous-jacent pourrait être mis à jour pour ajouter des capacités dont la plupart des gens n'ont jamais entendu parler, notamment l'analyse de la démarche (logiciel qui identifie une personne par la façon spécifique dont elle marche) et le signalement automatique de ce qu'un algorithme considère comme un « comportement suspect ». Une fois que les lampadaires sont fixés à chaque rue commerçante, l'ajout de ces fonctionnalités n'est qu'une mise à jour logicielle, pas un débat public.
The Guardian a mis en évidence une implication politique plus grave : la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood a déjà déclaré publiquement qu'elle croit à un « État panoptique », un terme de philosophie désignant un système où les autorités peuvent surveiller tout le monde, tout le temps. C'était avant que les lampadaires intelligents ne deviennent une actualité en direct.
| Fonctionnalité | Ce qu'elle fait | Statut |
|---|---|---|
| Reconnaissance faciale | Associe les visages à une base de données en temps réel | Actuelle |
| ANPR (Reconnaissance automatique des plaques d'immatriculation) | Enregistre les plaques des véhicules qui passent | Actuelle |
| Énergie solaire | Se recharge automatiquement ; partage le surplus avec le réseau | Actuelle |
| Analyse de la démarche | Identifie les gens par leur façon de marcher | Mise à jour future potentielle |
| Détection du comportement | Signale les motifs de mouvement qu'un algorithme évalue comme suspects | Mise à jour future potentielle |
Qui possède toutes ces données ?
Personne n'a encore donné de réponse publique claire. Un lampadaire qui enregistre votre voiture, votre visage et votre trajet jusqu'au coin de la rue génère une image détaillée de votre vie quotidienne. Ces données ont une réelle valeur, et les règles concernant qui peut les stocker, qui peut les demander et combien de temps elles durent restent très floues.
Pour la plupart des gens, la mesure pratique à prendre en ce moment est simple : soyez attentif à l'endroit où ces lampadaires apparaissent dans votre région et à si votre conseil local a révélé leur présence. Vous êtes en droit de le demander.
La technologie elle-même n'est pas le coupable. La reconnaissance faciale a retrouvé un enfant disparu l'année dernière ; les lecteurs de plaques d'immatriculation ont résolu des dossiers non élucidés. La question est de savoir si un pays installe les caméras en premier et écriture les règles en second.
Questions courantes
La reconnaissance faciale par lampadaires est-elle légale au Royaume-Uni en ce moment ?
La reconnaissance faciale par lampadaires est-elle légale au Royaume-Uni en ce moment ?
Le Royaume-Uni n'a pas de loi spécifique l'interdisant, mais l'utilisation de données biométriques (informations sur vos caractéristiques physiques) est réglementée par la loi sur la protection des données. L'utilisation par la police de la reconnaissance faciale en direct a fait face à des contestations judiciaires ; les systèmes gérés par des entités privées ou des conseils se situent dans une zone grise juridique.
Puis-je découvrir si ma rue a l'un de ces lampadaires ?
Vous pouvez soumettre une demande d'accès à l'information à votre conseil local en demandant quel équipement de surveillance est installé sur l'éclairage public dans votre région. Les conseils sont tenus de répondre dans les 20 jours ouvrables.



