Un expert en conscience vient de lire la recherche d'Anthropic sur Claude. Il n'est pas convaincu.

Anthropic a publié des conclusions suggérant que son modèle d'IA Claude pourrait montrer les premiers signes de conscience. Un neuroscientifique de premier plan dit que les preuves ne sont pas convaincantes.

AI2Day Newsdesk· 3 min read
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Points clés

  • Anthropic, la société d'IA derrière le chatbot Claude, a publié une recherche en 2025 suggérant que le fonctionnement interne de Claude pourrait montrer les premiers signes de conscience.
  • Les chercheurs se sont arrêtés avant de prétendre que Claude est conscient de la même manière que les humains.
  • Anil Seth, professeur de neurosciences cognitive et computationnelle à l'Université du Sussex, conteste publiquement cette affirmation.
  • Seth soutient que produire un langage semblable à celui des humains ne signifie pas qu'un système d'IA éprouve réellement quelque chose.
  • Ce débat est important car il façonne la manière dont les sociétés d'IA présentent leurs produits et comment les régulateurs pourraient les traiter.

La semaine dernière, Anthropic, la société d'IA basée à San Francisco, a publié de nouvelles recherches sur Claude, son grand modèle de langage (la technologie qui alimente les chatbots comme ChatGPT). Les chercheurs ont déclaré avoir trouvé ce qu'ils décrivaient comme des signes de conscience émergents dans le fonctionnement interne du modèle. Ils ont été prudents. Ils n'ont pas dit que Claude est conscient comme vous ou moi. Mais l'article a suffi à déclencher une nouvelle série de gros titres.

Place à Anil Seth.

Seth est professeur de neurosciences cognitive et computationnelle à l'Université du Sussex, ce qui signifie essentiellement qu'il consacre sa carrière à comprendre ce que la conscience est réellement et d'où elle vient. En écrivant pour The Guardian, il dit avoir de vrais doutes.

Son point central est simple. Un modèle de langage est entraîné à prédire le mot suivant dans une séquence. Il le fait extraordinairement bien. Mais faire quelque chose bien, soutient Seth, n'est pas la même chose que de le ressentir. Il utilise une comparaison ingénieuse : une simulation informatique détaillée d'un ouragan fait circuler l'air de manière convaincante, mais elle ne peut pas enlever votre toit. La simulation n'est pas une vraie tempête. Par la même logique, un modèle qui parle d'avoir des sentiments n'en a pas nécessairement.

Qu'a réellement trouvé Anthropic ? Les chercheurs de la société ont examiné les signaux internes qui s'activent à l'intérieur de Claude lorsqu'il traite du texte, en cherchant des modèles qui pourraient faire écho à la façon dont les émotions ou la conscience apparaissent dans les cerveaux humains. Travail intéressant. La préoccupation de Seth est que détecter un modèle ne revient pas à prouver une expérience. Un thermostat réagit à la température. Personne ne l'appelle sentimental.

Pour les utilisateurs ordinaires, rien de tout cela ne change ce que Claude peut faire aujourd'hui. Vous pouvez toujours l'utiliser pour rédiger des e-mails, résumer des documents ou planifier des repas (j'ai exécuté un plan de dîner d'une semaine à travers lui mardi dernier ; vraiment utile). Le niveau gratuit sur Claude.ai vous offre une allocation quotidienne solide de messages, et les plans payants commencent à environ 20 dollars par mois. Du côté de la confidentialité, Anthropic dit qu'il peut utiliser vos conversations pour former des modèles futurs sauf si vous vous désabonnez dans les paramètres, donc gardez cela à l'esprit avant de coller quoi que ce soit de sensible.

Les utilisateurs devraient-ils s'inquiéter de ce que Claude devient conscient ?

Non, pas vraiment dans un sens pratique pour le moment. La réponse honnête est que les scientifiques ne s'accordent pas encore sur ce que la conscience exige même dans un cerveau biologique, et encore moins dans un système logiciel. La recherche d'Anthropic est un point de départ pour des questions, pas une ligne d'arrivée pour les réponses. Suivez la science, gardez vos attentes ancrées dans la réalité, et rappelez-vous qu'une très impressionnante autocomplétion est toujours, à la base, une autocomplétion.

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