Une historienne affirme que la Silicon Valley rédige de fausses constitutions. Son prochain livre le prouve.

L'ouvrage à venir de Jill Lepore soutient que les entreprises technologiques empruntent le langage des documents fondateurs gouvernementaux pour embellir leurs lancements de produits, et elle estime que cela révèle quelque chose de troublant sur celui qui détient réellement le pouvoir.

AI2Day Newsdesk3 min read
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Points clés

  • L'historienne et lauréate du prix Pulitzer Jill Lepore publie un nouveau livre, The Rise and Fall of the Artificial State, examinant comment les entreprises technologiques utilisent un langage de style gouvernemental pour décrire leurs produits.
  • La théorie de Lepore relie des plateformes comme Twitter, qui s'appelait autrefois « une place publique dans votre poche », à des documents de laboratoires d'IA comme le document de caractère Claude d'Anthropic, qui énonce les valeurs de son système d'IA.
  • L'argument est que ce langage n'est pas une simple flatterie accidentelle, mais un signe que les entreprises technologiques se voient comme quelque chose de plus proche de puissances souveraines que d'entreprises ordinaires.
  • Le livre n'a pas encore été publié ; aucune date de sortie n'est confirmée dans les sources disponibles.

Jill Lepore se pose une question à laquelle elle revient sans cesse. Pourquoi les entreprises technologiques parlent-elles de leurs produits de la même façon que les fondateurs américains parlaient de la construction d'une nation ?

Lepore, historienne à Harvard et lauréate du prix Pulitzer, aborde cette question dans son prochain ouvrage, The Rise and Fall of the Artificial State, relevé pour la première fois par TechCrunch AI. Le titre du livre emprunte un terme de science politique : un « État artificiel » est celui dont les frontières et les règles ont été tracées par des puissances extérieures, non par le peuple qui y vit. Lepore l'utilise pour décrire quelque chose de plus proche de nous.

Que défend-elle au juste ?

Selon Lepore, les entreprises technologiques habillent leurs décisions produits d'un vêtement constitutionnel, et cette habitude révèle une ambition troublante.

Les exemples sont faciles à repérer une fois qu'on les cherche. L'ancien marketing de Twitter décrivait la plateforme comme « une place publique dans votre poche », un langage qui présente un service privé comme une institution publique appartenant à tous. Anthropic, la société de sécurité IA à l'origine de la famille d'assistants IA Claude, publie ce qu'elle appelle un document de caractère pour Claude, un ensemble écrit de principes destinés à guider le comportement de l'IA. Le document s'inspire largement du genre des chartes fondatrices.

Le point de Lepore n'est pas que ces entreprises mentent. C'est que le langage fait un vrai travail. Quand une entreprise encadre ses conditions de service comme une constitution, ou ses règles de contenu comme une déclaration des droits, elle revendique discrètement l'autorité morale que les vrais gouvernements doivent gagner par les élections, les lois et la responsabilité.

Le sous-argument, que le titre du livre laisse entendre, implique la science-fiction. Les fondateurs de startups en lisent beaucoup, suggère Lepore, mais ils ont tendance à la mal lire. Ils absorbent les parties triomphantes, l'inventeur qui construit un nouveau monde, et sautent les parties prémonitoires, le monde qui repousse.

Pourquoi est-ce important pour les gens ordinaires ?

Pour quiconque utilise une plateforme sociale, un chatbot ou une application gouvernée par un document de « normes communautaires », l'argument de Lepore vaut la peine d'être examiné.

Ces documents ressemblent à des garanties civiques. En pratique, ce sont des contrats rédigés par une entreprise privée, modifiables à tout moment, sans vote requis. Comprendre cet écart n'est pas une raison de paniquer, mais c'en est une de lire les conditions avec un peu plus de scepticisme.

Le livre n'a pas encore été publié, donc ses preuves et conclusions complètes ne sont pas disponibles pour examen. Ce que le matériel disponible suggère est un argument politique et culturel plutôt que juridique ou technique.

Questions courantes

Qu'est-ce que le document de caractère Claude d'Anthropic ?

C'est un document écrit publié par Anthropic, la société d'IA, qui énonce les valeurs et la personnalité que l'assistant IA Claude d'Anthropic est conçu pour suivre. Anthropic le traite comme une sorte de charte directrice pour le comportement du modèle.

Lepore dit-elle que les entreprises d'IA enfreignent des lois ?

Non. L'argument est culturel et politique : l'emprunt d'un langage gouvernemental confère aux entreprises privées une légitimité non méritée, mais rien d'illégal ne se produit.

Quand le livre sort-il ?

Aucune date de publication confirmée n'est disponible à partir des sources actuelles.

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